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Gambie
Plus petit État d’Afrique continentale, la Gambie est l’un des pays prioritaires de l’aide au développement française. Confronté à une forte dette publique, le pays fait également face à de nombreux défis en matière d’infrastructures et de services. L’AFD accompagne le gouvernement gambien dans ses objectifs de stabilisation économique, de sécurité alimentaire, de développement durable des territoires et de préservation de la biodiversité.
Contexte
Avec ses 11 300 km2, la Gambie est le plus petit État d’Afrique continentale. Enclavé dans le Sénégal et bordé par l'océan Atlantique à l'ouest, le pays s'étend le long du fleuve Gambie. Classée parmi les pays à faible revenu, elle occupe le 170e rang (sur 188) de l’Indice de Développement Humain (IDH), avec un revenu par habitant de 2 812 USD. Sa population, estimée à 2,4 millions d’habitants (recensement 2024), compte 17,2 % de personnes vivant sous le seuil d’extrême pauvreté, soit avec moins de 2,15 USD par jour.
Après 22 ans de régime autoritaire, la Gambie a connu en 2016 sa première transition démocratique. Le nouveau gouvernement a hérité d’une situation économique critique : un pays lourdement endetté, en retard majeur en matière d’infrastructures et de services publics, et confronté à une récession et une forte inflation. Les autorités doivent désormais gérer la dette publique, tout en relançant le développement du pays et en préservant ses écosystèmes fragiles, fortement impactés par les défis climatiques.
Le Plan National de Développement (2018) visait à instaurer une bonne gouvernance, une cohésion sociale et une réconciliation nationale, pour revitaliser et transformer l’économie. Le Recovery Focused National Development Plan (2023-2027), adopté par la suite, intègre les impacts macroéconomiques de la pandémie de Covid-19 et des conflits internationaux, qui menacent les principales sources de revenus du pays (tourisme et commerce). L’objectif est de trouver un équilibre entre la lutte contre les défis socioéconomiques actuels et la construction d’une résilience face aux chocs futurs, malgré des ressources limitées.
Depuis 2018 et la qualification de la Gambie comme pays prioritaire de l’aide au développement française, de nouvelles perspectives d’intervention s’ouvrent à l’AFD. L’objectif : contribuer à la stabilisation économique, à la croissance et au développement durable du pays.
Notre action en Gambie est rattachée à la direction régionale Grand Sahel du groupe AFD.
Notre approche
"L'AFD et la Gambie : favoriser la croissance et la résilience des territoires"
La croissance démographique et l’urbanisation rapide du Grand Banjul ont provoqué une pression intense sur les ressources en eau, entraînant des pénuries fréquentes. En 2018, moins de 50 % de la population avait un accès régulier à l’eau potable, souvent limité à quelques heures par jour. Face à cette situation, marquée par des infrastructures insuffisantes et un manque de structuration du secteur, l’accès à l’eau potable est devenu un enjeu majeur.
Dans ce contexte et au vu de son expérience dans le secteur de l’hydraulique urbaine en Afrique de l’Ouest, l’AFD concentre son appui sur le secteur de l’eau potable dans la région du Grand Banjul. Les objectifs du projet WASIB sont d’améliorer l’accès à l’eau potable et la qualité du service de l’entreprise publique National Water & Electricity Company (NAWEC), de restaurer l’équilibre financier du secteur et d’accompagner la NAWEC dans la planification de son service public dans la région du Grand Banjul.
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie climat élaborée par la Gambie en s’attachant à la gestion durable des ressources en eau. Face aux besoins de financements complémentaires pour amplifier les impacts de ce projet prioritaire et à l’intérêt des autorités gambiennes, l’AFD a déployé une approche partenariale permettant la mobilisation en décembre 2025 d’un cofinancement de la Banque Européenne d’Investissement.
La Gambie héberge une biodiversité côtière et fluviale importante, notamment dans les écosystèmes de mangroves littorales et estuariennes du fleuve Gambie. Ces écosystèmes jouent un rôle majeur d’un point de vue écologique mais également économique et social vis-à-vis des habitants qui en dépendent. Cependant, ces zones sont soumises à des pressions croissantes, principalement liées à l’activité humaine et aux effets du changement climatique qui pèsent sur les équilibres environnementaux, économiques et sociaux des territoires.
Pour préserver ce capital naturel, l’AFD soutient la Gambie avec le Resilience Gambia Project, au sein du Ministère de l’Environnement gambien. Ce projet vise à accompagner la Gambie dans la préservation et la restauration des écosystèmes de mangroves de ses aires marines protégées, dont deux seront nouvellement crées. Le projet favorisera également le développement d’activités génératrices de revenus dans ces zones, et renforcera le cadre juridique et les capacités des autorités gambiennes en matière de changement climatique. À terme, il permettra d’avoir une approche stratégique et technique claire, afin de renforcer la résilience des communautés côtières et des écosystèmes naturels.
Le secteur agricole représente un défi majeur pour la nutrition et la sécurité alimentaire en Gambie : la production agricole couvre moins de la moitié des besoins de consommation du pays, et 73,9 % de la population rurale vit en dessous du seuil de pauvreté. La consommation annuelle de riz blanc, base de l’alimentation, est de 117 kg par an et par habitant. Cependant, seulement 17 % de la consommation annuelle est produite localement.
Afin d’améliorer la sécurité alimentaire et augmenter la production rizicole, l’AFD soutient la réalisation et la réhabilitation d’infrastructures hydro-agricoles. Porté par le Fonds international de développement agricole (FIDA), le projet « ROOTS » (Resilience of organisations for transformative smallholder agriculture) ambitionne de toucher 40 000 ménages agricoles, soit 14% de la population. Il entend également favoriser l’essor progressif d’une agriculture plus entrepreneuriale et inclusive à l’égard des jeunes et des femmes, en renforçant notamment les capacités des groupements d’agriculteurs et agricultrices.
La Gambie mise sur son riche capital naturel pour s’affirmer comme un acteur central de la transition climatique en Afrique de l’Ouest. Grâce à sa facilité AdaptAction, l’AFD joue un rôle de catalyseur en accompagnant le gouvernement gambien dans la mise en œuvre de ses engagements, notament sur le volet adaptation de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN).
Un premier appui technique vise à renforcer les capacités du Ministère de l’Environnement dans le développement d’un système de Suivi, Évaluation et Apprentissage pour la CDN gambienne. Cet accompagnement permet non seulement de finaliser la CDN 3.0, avec un accent particulier sur l’adaptation, mais aussi de consolider les compétences du Secrétariat du Changement Climatique en matière de suivi et d’évaluation. Ces efforts contribuent à une gestion plus transparente et efficace des politiques climatiques du pays.
Parallèlement, l’AFD soutient le Ministère des Ressources en Eau dans la conception d’un système national de licences pour l’extraction d’eau, une réforme essentielle pour une gestion durable de cette ressource vitale. Ce projet revêt une dimension stratégique, car il s’inscrit dans le cadre du programme RSF (Resilience and Sustainability Facility) du FMI, en combinant assistance technique et effet de levier financier. Dans un contexte marqué par la salinisation des nappes, l’érosion côtière et la diminution des précipitations, ce système de licences est une réponse concrète pour sécuriser les ressources en eau et renforcer la résilience climatique du pays.
En partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI), les nouvelles autorités gambiennes ont lancé un programme ambitieux de réformes économiques. L’objectif est de stabiliser la situation financière du pays, de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions et de renforcer les fondements démocratiques. Ces réformes s’inscrivent dans une volonté de rupture avec les déséquilibres passés et de construction d’une économie plus résiliente.
Dès 2018, l’AFD a apporté son appui à travers des financements qui ont permis de faciliter la transition vers un nouveau programme du FMI, en soutenant notamment le lancement d’audits des entreprises publiques et en offrant un accompagnement technique pour les négociations avec les créanciers extérieurs. Une partie des fonds a également été dédiée à des dépenses essentielles dans le secteur de la santé, soulignant l’approche intégrée de l’AFD.
Pour réduire la dépendance aux financements extérieurs, l’AFD a accordé deux financements destinées à améliorer la mobilisation des ressources intérieures. Ces fonds, gérés par l’Office gambien des recettes (Gambia Revenue Authority), s’intègrent dans le plan de réformes fiscales du gouvernement. L’enjeu est de taille : financer le Plan national de développement en renforçant les capacités de l’État à collecter ses propres revenus, une condition essentielle pour une croissance durable et autonome.
À Kanifing, la plus grande municipalité de Gambie, une initiative pilote a été lancée après la victoire de la commune à un appel à projets du Fonds d’innovation pour le développement (FID). Ce projet, développé en collaboration avec des équipes de chercheurs internationales, repose sur trois innovations majeures :
- Un système d’adressage numérique pour identifier avec précision les contribuables.
- Un suivi GPS des camions de collecte des déchets, couplé à un système de bonus pour récompenser les chauffeurs les plus efficaces.
- Un mécanisme liant le paiement de la taxe foncière à la qualité du service rendu, afin d’inciter les citoyens à s’acquitter de leurs obligations fiscales.
Sur le terrain
Ci-dessous, retrouvez les projets, actualités, publications et coordonnées du pays en un clic.
Actualités & communiqués de presse
COP15 contre la désertification : la stratégie du groupe AFD dans le Grand Sahel
Publié le 17 mai 2022
Publications & médias
Chiffres clés
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9 projets financés depuis 2018
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51,9 millions d’euros engagés depuis 2018
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540000 personnes bénéficieront d’un accès amélioré à l’eau potable