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Atlas Trois océans : changer de regard sur les territoires insulaires
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Comment les sociétés insulaires et côtières s’adaptent-elles aux effets du changement climatique, alors qu’elles sont en première ligne ? L’AFD s’est associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) pour réaliser « L’Atlas Trois océans », qui met en lumière la place centrale des océans dans les grands équilibres contemporains.
Et si l’on regardait le monde du côté de l’océan et des sociétés qui vivent à son contact direct ? L’océan est le deuxième poumon de la planète : il fournit une part essentielle de l’oxygène que nous respirons et absorbe une grande partie de la chaleur liée au changement climatique. Il est aussi au cœur du commerce mondial : près de 80 % du commerce mondial passe par la mer et plus de 98 % des télécommunications transitent par des câbles sous-marins.
On oublie trop souvent que l’océan est un territoire habité, organisé, traversé d’usages, de savoirs et d’échanges. Régulateur du climat, réservoir de biodiversité et source de vie, l’océan se transforme sous l’effet de pressions d’origine anthropique sans précédent. Et les territoires insulaires et côtiers – parmi lesquels nos Outre-mer – se trouvent en première ligne de ces basculements.
En 20 planches thématiques, enrichies de cartes*, d’infographies et d’analyses, l’Atlas Trois océans propose une lecture nouvelle de ces sociétés et environnements, de la mer des Caraïbes au Pacifique sud, en passant par le sud-ouest de l’océan Indien. En croisant données sociales, politiques, économiques et écologiques, on comprend mieux comment ces territoires – souvent considérés comme périphériques – concentrent, en réalité, les grands enjeux contemporains. Il s’agit là d’un travail cartographique inédit qui appréhende, dans leur ensemble, territoires ultramarins, États insulaires et pays côtiers.
Vivre dans un territoire insulaire, c’est composer avec des ressources limitées, des marchés de petite taille et une forte dépendance aux importations. Dans plusieurs de ces territoires, plus de 80 % de la consommation alimentaire repose sur des produits importés. Cette dépendance n’est pas une fatalité. Ces sociétés y puisent des solutions : certaines communautés renouent avec des savoir-faire anciens pour protéger leurs ressources, comme en Polynésie française avec la pratique ancestrale appelée « rāhui », qui consiste à mettre temporairement un lagon « au repos » afin de permettre aux ressources de se renouveler. Abandonnée pendant une période, cette pratique revient en associant savoirs traditionnels et connaissances scientifiques.
Parce qu’elles ressentent souvent plus tôt et plus fortement les effets du changement climatique, ces sociétés sont également contraintes d’expérimenter : énergies renouvelables, nouvelles pratiques agricoles, gestion collective de l’eau ou des ressources marines. À La Réunion, par exemple, les énergies renouvelables représentent déjà plus de 90 % de l’électricité produite, tandis que la biomasse constitue également un levier important. Dans les Caraïbes, le dessalement de l’eau de mer est utilisé dans plusieurs territoires confrontés à des difficultés d’approvisionnement.
L’Atlas montre également que la résilience est humaine et s’appuie sur les solidarités, les mobilités, les communautés et la transmission des savoirs. À Mayotte, par exemple, les femmes jouent un rôle majeur dans la transformation et la commercialisation des produits de la pêche, ainsi que dans l’aquaculture et l’algoculture.
Pour préserver les littoraux, des projets restaurent les mangroves et les écosystèmes marins. Pour mieux gérer les ressources, les territoires renforcent les coopérations régionales pour partager connaissances, moyens et solutions. Dans le Pacifique, la coopération entre communautés, scientifiques et institutions permet ainsi de faire émerger de nouveaux modèles de conservation. Là réside une grande partie des réponses à ces problématiques qui dépassent les frontières géographiques : la coopération régionale entre les territoires - entre les Outre-mer dans chacun des bassins océaniques et leurs voisins – afin d’amplifier leur capacité d’action. C’est cet axe stratégique que l’AFD poursuit à travers sa stratégie Trois océans.
En écho à ces enjeux, l’atlas souligne la manière dont ces territoires expérimentent déjà, à leur échelle, des réponses aux questions qui se posent partout ailleurs : comment produire sans épuiser les ressources ? Comment préserver les écosystèmes tout en créant des emplois ? Comment réduire les dépendances ? Comment coopérer lorsque les frontières ne suffisent plus à régler les problèmes ?
L’Atlas Trois océans met ainsi en lumière les défis climatiques, énergétiques et sociaux que rencontrent ces îles et littoraux et combien la survie de ces sociétés dépend de la santé des milieux marins.
*Cartographie : Guillaume Sciaux — Pacha Cartographie
https://www.pacha-cartographe.fr/
Conférence « La résilience des Outre-mer : des territoires insulaires, laboratoires de solution pour penser le monde de demain » le 9 novembre 2026, de 18h30 à 20h, dans les locaux de l’IRIS, 2 Bis Rue Mercœur, 75011 Paris